{"id":34,"date":"2011-05-03T11:18:43","date_gmt":"2011-05-03T09:18:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.jcbechet.com\/?page_id=34"},"modified":"2021-11-23T00:58:22","modified_gmt":"2021-11-22T23:58:22","slug":"electriccites","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.jcbechet.com\/?page_id=34","title":{"rendered":"Electric&rsquo;cit\u00e9s (2002)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.jcbechet.com\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/couv-livre-ok4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1189\" title=\"OLYMPUS DIGITAL CAMERA\" alt=\"\" src=\"http:\/\/www.jcbechet.com\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/couv-livre-ok4.jpg\" width=\"950\" height=\"455\" srcset=\"https:\/\/www.jcbechet.com\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/couv-livre-ok4.jpg 950w, https:\/\/www.jcbechet.com\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/couv-livre-ok4-300x143.jpg 300w, https:\/\/www.jcbechet.com\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/couv-livre-ok4-2x1.jpg 2w, https:\/\/www.jcbechet.com\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/couv-livre-ok4-940x450.jpg 940w\" sizes=\"(max-width: 950px) 100vw, 950px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>\u00c9lectric\u2019Cit\u00e9s, 2002, 130 pages format 22\u00d733 cm, 55 photos couleur et n&amp;b, \u00e9ditions Marval.<br \/>\nTextes et photos de Jean-Christophe B\u00e9chet<\/strong><br \/>\n<strong> Livre \u00e9puis\u00e9.<br \/>\nEditions de t\u00eate avec tirage limit\u00e9 encore disponibles (prix 300 E)<\/strong>.<\/p>\n<p>Toutes les m\u00eames, les villes ? et les nuits aux nuits ressemblent ? Je ne crois pas.<\/p>\n<p>Vitrines et n\u00e9ons, fast-food et bars de nuit, visages dessin\u00e9s par des ampoules trop fortes, contre-jours nocturnes, ombres mena\u00e7antes, quand la t\u00e9l\u00e9 crie, que les phares des voitures nous \u00e9blouissent, que la pluie, la neige ou le brouillard diffusent, renvoient, refl\u00e8tent les lumi\u00e8res. Des lumi\u00e8res toutes \u00e9lectriques. Oui une \u00e9tonnante luminosit\u00e9\u2026\u00a0 et une violence, aussi, oui, parfois. Mais d&rsquo;abord le silence, la solitude, l&rsquo;espace. Dans la travers\u00e9e d&rsquo;un monde plein de trafic et de jazz, de passants, de passantes surtout, qui passent plus ou moins vite \u2026<br \/>\nLes villes parce que les trains et les avions s\u2019y arr\u00e8tent. La campagne, c\u2019est plus compliqu\u00e9. Faut une voiture. O\u00f9 prendre des bus et des trains qui de toute fa\u00e7on nous abandonnent dans de petites villes. Alors ville pour ville, autant choisir les grandes, celles qui font r\u00eaver. Un r\u00eave charg\u00e9 d\u2019histoire, de textes, de cartes, de Lisbonne \u00e0 Malacca, de St Petersbourg \u00e0 Berlin, de Tokyo \u00e0 New York.Paradoxalement le projet des Electric Cit\u00e9s est n\u00e9 dans deux petites villes. Urfa en Turquie. El Oued en Alg\u00e9rie. En noir &amp; blanc. Urfa c\u2019\u00e9tait en 1987, \u00e0 l\u2019Est de la Turquie sur la route de la Syrie et de l\u2019Iran. El Oued, c\u2019\u00e9tait en 1990. Je rentrai par la route d\u2019un s\u00e9jour de 18 mois au Cameroun. Je venais de traverser le d\u00e9sert. Je remontais vers Alger. On pouvait encore facilement photographier en Alg\u00e9rie. Du moins dans le sud. Encore 2000 Km et j\u2019allai retrouver Marseille, ma ville natale.<\/p>\n<p>La photo d\u2019Urfa repr\u00e9sente une succession d\u2019ombres, des hommes sans doute , qui s\u2019enfoncent dans un terrain vague. Au loin, la ville et seulement quelques rares lumi\u00e8res. A El Oued, je d\u00e9couvre le pouvoir des reverb\u00e8res. Les rues ne sont pas goudronn\u00e9es. Les fils \u00e9lectriques structurent l\u2019espace. Les djellabas blanches se d\u00e9tachent dans la p\u00e9nombre. Au labo, quand six mois plus tard je tire ces images, je sens qu\u2019il y a l\u00e0 quelque chose \u00e0 creuser.\u00a0M\u00eame sentiment, en 1991, \u00e0 Prague. Sur les pav\u00e9s luisants, o\u00f9 se contredisent les rails du tramway, les ombres floues rejouent la m\u00eame partition. Je comprends alors que la nuit fait dispara\u00eetre la profondeur. Tout ce qui est dans l\u2019ombre disparait, le proche comme le lointain. Soumise au seul \u00e9clairage \u00e9lectrique, la ville devient une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre.\u00a0Sans flash, qui d\u00e9truirait tout,\u00a0le mouvement des passants se traduit forc\u00e9ment par un flou. Grandes ouvertures, faibles profondeurs de champ, vitesses lentes. C\u2019est beau des vitesses lentes\u2026\u00a0Il n\u2019y a pas un flou, mais des quantit\u00e9s de flous. Soit le photographe a boug\u00e9. Soit le sujet. Soit les deux. Soit la mise au point a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cal\u00e9e. Infinies variations pour faire sentir le pouls de la ville et du photographe. Quand le flash fige et le tr\u00e9pied statufie. La nuit, c\u2019est l\u2019incertitude. C\u2019est flou.<\/p>\n<p>Le danger est l\u00e0 aussi. La belle image vient vite. Les ombres floues de Prague ou de Singapour finissent par se ressembler.\u00a0 L\u2019esth\u00e9tisme de la nuit est un pi\u00e8ge. Les images se r\u00e9p\u00e8tent. J\u2019ai alors arr\u00e9t\u00e9 de photographier la nuit. Du moins syst\u00e9matiquement. J\u2019ai continu\u00e9 en pointill\u00e9, au hasard des voyages, des commandes, des rencontres, des aventures. Je guettais le moment o\u00f9 les lampadaires s\u2019allument et o\u00f9 la nuit n\u2019est pas encore tomb\u00e9e. Mais, il y avait autre chose \u00e0 faire, je le sentais. \u2026\u00a0Alberto Moravia aurait dit que m\u00eame si\u00a0 \u00ab\u00a0La r\u00e9alit\u00e9 est en couleur, le n&amp;b est plus r\u00e9aliste\u00a0\u00bb. Cela se discute. Mais la nuit, pour des raisons techniques, cela se v\u00e9rifie. Le n&amp;b est plus proche de la vision humaine. En couleur, le film r\u00e9agit diff\u00e9rement selon le type d\u2019\u00e9clairage employ\u00e9. Tungst\u00e8nes, n\u00e9ons, vapeur de sodium\u2026 notre \u0153il r\u00e9tablit un \u00e9quilibre. Le film lui enregistre des lumi\u00e8res vertes, bleues, oranges\u2026. On cadre, on d\u00e9clenche et c\u2019est la surprise. Avec l\u2019exp\u00e9rience on sent, on pressent. Mais l\u2019al\u00e9atoire demeure. Tant mieux. Souvent, avec l\u2019habitude, en photo, on maitrise trop\u2026La couleur s\u2019est alors impos\u00e9e. L\u00e0 aussi, faut vite se m\u00e9fier des jeux de couleurs. Retrouver l\u2019esprit du n&amp;b en couleur. Faire cohabiter les deux. Dialoguer. Le photographe a deux palettes \u00e0 sa disposition\u00a0: une gamme de couleurs et une gamme de gris. Pourquoi se priver de l\u2019une. La sp\u00e9cificit\u00e9 de la photo est peut \u00eatre l\u00e0\u00a0: dans ce choix couleur\/n&amp;b. Ou dans le refus de ce choix en m\u00e9langeant les deux.Et puis, le d\u00e9clic a eu lieu quand j\u2019ai compris que ce n\u2019\u00e9tait pas la nuit qui m\u2019int\u00e9ressait. Mais les \u00e9clairages artificiels. Dans le m\u00e9tro, dans un ascenseur, dans une galerie marchande. L\u00e0, jour et nuit n\u2019ont pas de sens. C\u2019est l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 qui compte. Les ampoules, les n\u00e9ons, les projecteurs, les enseignes, les lampadaires\u2026<br \/>\nDeux parties Trafic et Jazz.Trafic quand les voitures envahissent le pav\u00e9. Que les passants se d\u00e9placent nombreux, En groupe. Jazz, parce que le silence prend la rel\u00e8ve du trafic quand la nuit avance et que l\u2019on entend enfin les sons de la nuit.Mais aussi jazz parce que souffler dans un sax c\u2019est\u00a0 comme viser avec son bo\u00eetier. Le rapport \u00e0 l\u2019objet. Le f\u00e9tichisme. L\u2019instrument de travail. Et apr\u00e8s, faut improviser \u00e0 partir d\u2019un cadre connu, vu et revu. Et qu\u2019il faut encore et toujours \u00e9viter de faire le malin. Parcequ\u2019aujourd\u2019hui les jeunes jazzmen sont souvent tr\u00e8s forts, trop forts. Trop bons. Comme beaucoup de photographes. Trop bien compris, trop bien appris. Et finalement on recherche sinon le couac, du moins le tempo faible, le d\u00e9calage. L\u2019instant d\u00e9cisif involontaire, le moment o\u00f9 le d\u00e9cadrage va se faire hasardeux car pris par le rythme, le hasard, l\u2019envie. Oui, laisser la place au hasard, en jazz comme en photo. Faire respirer l\u2019histoire que l\u2019on raconte.<\/p>\n<p>Jean-Christophe B\u00e9chet \/ 2002<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9lectric\u2019Cit\u00e9s, 2002, 130 pages format 22\u00d733 cm, 55 photos couleur et n&amp;b, \u00e9ditions Marval. Textes et photos de Jean-Christophe B\u00e9chet Livre \u00e9puis\u00e9. Editions de t\u00eate avec tirage limit\u00e9 encore disponibles (prix 300 E). 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